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Les blocages de la transformation digitale – Mot à Axelle Lemaire

Manager and teamCet article est l’expression de 20 ans de gestion, accompagnement et conseil en des projets de et de en interne et en externe. Je vois de nombreuses choses positives dans l’action d’, peu de réactions et des sujets oubliés qu’il faut traiter. Je ne suis pas complet dans mon article mais j’ai essayé de reprendre quelques grands dossiers à travailler. Un sujet d’entrée est l’oubli de la transformation interne. Le second à noter est la consolidation d’un secteur d’activité, en effet, ce sujet est souvent oublié derrière la forêt enchantée des start-up.

Depuis plusieurs mois, nous pouvons voir beaucoup d’initiatives allant dans le bon sens et des actions de notre Secrétaire d’Etat chargée du numérique donnant espoir. Le communiqué de presse sur la stratégie de la SNCF (lire le communiqué) intègre bien tous les aspects de la digitalisation. J’aimerais revenir quelques lignes sur celle-ci et répondre ensuite à votre interview dans l’usine digitale (lire interview) où vous pensez que la solution passera par les .

Tout d’abord sur la stratégie digitale d’une organisation (association, entreprise, administration, …), nous devons voir deux sujets que sont les évolutions en interne et celles en externes. Quand on parle aux 20h et dans les journaux de l’internet, on pense à la communication externe, le e-marketing, le e-commerce, … Pour une majorité d’acteurs, la révolution se limite aux services apportés aux clients.

Pourtant comment imaginer une entreprise qui serait extérieurement 2.0 si celle-ci n’a pas fait cette révolution en interne ? Pourtant, c’est le cas dans une majorité de cas. Preuve en est les budgets et les compétences mises à disposition pour ces projets internes. On parle des intranets, des réseaux sociaux d’entreprise, des plateformes collaboratives, … Le niveau d’intérêt des Directions Générales sur ces dossier est encore mineur (voir l’étude CSC de la semaine dernière).

Les hauts dirigeants et le management sont souvent plus des éléments de blocage que d’impulsion de projets qui pourraient rendre l’entreprise plus dynamique, plus rentable, plus collaborative, plus innovante et surtout plus participative. Dans quelques cas, on voit ces mêmes projets mis en place pour les clients sans qu’ils soient pensés pour les collaborateurs. Ainsi, vous vous retrouvez avec des commerciaux qui en savent moins que les clients. Vous avez des agents qui n’ont pas d’outils de remonté d’information et d’écoute pour des sujets sur lesquels les clients ont des réponses en 24h. …

Pour pousser ces projets, il faudrait avancer sur des éléments de blocage :

1. La formation des jeunes continue à ne pas privilégier la collaboration, l’entraide, l’innovation, … Si on parle de digital native, leurs usages sont souvent loin des besoins collaboratifs et participatifs. C’est l’école qui devrait former aux bons usages digitaux les enfants, adolescents et étudiants. Un énorme travail reste à faire.

2. Pour continuer par les jeunes, nous pouvons parler de parcours d’études vers des métiers de l’internet qui se développent mais rien n’existe pour les métiers internes. Pire quand vous voyez la pauvreté des fiches de poste et la diversité des profils et parcours des professionnels en poste. (voir étude suite au questionnaire des Rencontres Internationales des Responsables de décembre 2014 présentée vendredi – février). Il y a besoin de donner une légitimité et une réalité à ces métiers du digital en interne. Nous pourrions parler aussi de la bonne ou mauvaise tendance du développement de Directions Digitales.

3. En interne, les Dirigeants et Responsables qui passent le pas sont des héros. L’expression est forte mais face à un droit du travail totalement hors de contexte, toutes les évolutions digitales deviennent des risques RH. Alors que la vie personnelle s’invite pendant les heures de travail via les sms, les réseaux sociaux, … le travail devrait se limiter aux horaires. Ainsi, le collaborateur regardant ses mails, son intranet ou un des outils de l’entreprise en dehors des heures met en risque sa société. L’exemple des femmes enceintes  qui pourraient suivre les informations de l’entreprise sur l’intranet ou se former grâce à des modules e-learning, montre le décalage entre réalité et droit.

4. Le développement du collaboratif, de la mobilité et du télé travail voit un frein réel face à une législation à jour et cohérente. L’évolution des relations professionnelles et du management reste encore trop faible pour accepter dans tous les cas cet éloignement du collaborateur. Pourtant les outils existent et les gains sont réels.

5. Cela m’amène à ce nouveau contrat social qui doit s’écrire dans les entreprises. Il ne peut être que l’expression d’une entreprise en pleine transformation sur son business model et sur son organisation. Non, Madame Axelle Lemaire, comme vous l’indiquez dans votre interview dans l’usine digitale (lire interview), la solution ne viendra pas des partenaires sociaux qui semblent aussi éloignés de ces réalités que les dirigeants. Sur le fond, vous avez raison. Un nouveau modèle doit être poussé par les deux parties (personnels et dirigeants). En cela, en France, Vincent Berthelot est une des personnalités qui étudie ce sujet depuis longtemps.

6. Après avoir beaucoup parlé de la transformation digitale interne des entreprises au niveau organisation, hommes, … il faut s’interroger sur la réalité du secteur. Comment se fait-il que la France ait la chance d’avoir de très nombreux éditeurs de talent et que le marché soit presque un monopole de sociétés nord américaines (pour ne pas être plus précis) ? Comment peut-on imaginer que le secteur des agences et SSII qui sont en majorité des TPE et PME puisse continuer à se développer avec une dérégulation des prix intenable et des entreprises et administrations qui donnent souvent la part belle au prix ? Nous sommes en train de laisser mourir un secteur et n’imaginons pas qu’un jeune français fasse carrière en développement.

7. Cette tendance à aller vers le bas amène les grands groupes SSII, conseil et agences à faire développer en dehors de France. Les plus petits acteurs sont forcés de choisir des prestataires au moins couteux avec des qualités de développement insuffisantes face à un risque toujours plus grand en sécurité. Combien de sites internet ne répondent pas aux normes basiques de sécurité ? Combien de sites sont réalisés puis jamais mis à jour car on ne sait pas et surtout on ne voit pas réellement tout ce que cela peut apporter. L’intranet tombe dans les mêmes travers et le risque en intelligence économique n’est plus à démontrer.

Il reste encore beaucoup de sujets à voir, traiter et penser. L’action du gouvernement dans le domaine semble aller dans le bon sens. La volonté d’Axelle Lemaire d’aller voir tous les patrons du CAC 40 sur ce dossier me parait excellent. Mais ne restons pas sur les annonces et faisons un réel état des lieux de la transformation digitale des entreprises et un plan pour soutenir l’emploi et les entreprises dans le domaine en ne se limitant pas aux Start-up.

En clin d’œil, un travail important est à faire sur les outils intranet et internet des élus et des assemblées. L’élu moyen (excusez-moi de l’expression pour ne cibler personne) utilise Google en messagerie et cela même pour des dossiers confidentiels. Il y a un travail à initier aussi sur ce point.

Xavier Aucompte

1 commentaire pour “Les blocages de la transformation digitale – Mot à Axelle Lemaire

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